CGV agence de voyage: clauses indispensables pour être couvert
Les CGV (conditions générales de vente) ne sont pas un “papier à mettre au site”. Pour une agence de voyages, elles sont un bouclier opérationnel: elles cadrent la vente, sécurisent la trésorerie (acomptes, soldes, frais), réduisent les litiges et augmentent vos chances de gagner en cas de contestation (réclamation, chargeback, médiation).
Pour une petite structure, c’est souvent au moment de la création d’agence de voyage que tout se joue: vous mettez en place votre parcours de vente, vos preuves (devis, acceptation, paiement), vos process de remboursement, et donc vos CGV.
Note: cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique. Faites valider vos CGV par un professionnel du droit, surtout si vous vendez des voyages à forfait.
CGV, contrat de voyage, devis: qui fait quoi?
- CGV: le cadre “standard” applicable à toutes vos ventes (B2C et parfois B2B). Elles définissent les règles du jeu: prix, paiement, annulation, responsabilités, réclamations, données.
- Devis / proposition: le document commercial spécifique à un dossier (dates, prestations, prix, échéancier). Il doit être cohérent avec les CGV.
- Contrat / confirmation de réservation: la formalisation de la vente (souvent le couple devis accepté + CGV + confirmation + preuve de paiement).
Point clé: si vos CGV sont solides mais que votre devis est flou (ou l’inverse), vous créez une zone grise idéale pour les litiges.
Les 12 clauses indispensables dans des CGV d’agence de voyage
Le contenu exact dépend de votre modèle (sur-mesure, billetterie, forfaits, B2B entreprise, groupes). Mais il existe un socle de clauses qui vous protège dans 80 % des situations.

1) Identification, périmètre et statut (et ce que vous vendez vraiment)
Vos CGV doivent afficher clairement:
- l’identité du vendeur (dénomination, adresse, e-mail, téléphone, RCS si applicable)
- votre rôle (agence détaillante, tour-opérateur, intermédiaire, organisateur, simple mise en relation)
- le périmètre: vente de forfaits, services de voyage liés, prestations sèches (hôtel seul, vol seul), etc.
Pourquoi c’est vital: en cas de problème, la première question est “qui est responsable de quoi?”. Plus vous êtes précis sur votre rôle, plus vous limitez les attentes implicites.
2) Définitions (forfait, prestations, “dossier”, “voyageur”, frais)
Une petite section “Définitions” évite des débats inutiles. Exemples utiles:
- “Dossier” (réservation + voyageurs + références)
- “Prestations” (transport, hébergement, activités, assurances)
- “Frais de service” (conseil, émission, modification)
- “Frais d’annulation” et “frais de modification”
Astuce: définissez aussi ce que vous n’incluez pas (documents de voyage non fournis par vos soins, formalités consulaires qui restent à la charge du voyageur, etc.), sans tomber dans l’excès.
3) Information précontractuelle et documents remis
Dans le tourisme, vous devez pouvoir prouver que le client a eu l’information avant de payer (programme, caractéristiques, prix total, conditions d’annulation, passeport/visa, assurances, etc.). Vos CGV peuvent lister:
- les documents contractuels qui font foi
- l’ordre de priorité en cas de contradiction (ex. confirmation > devis > CGV)
- comment vous remettez les documents (e-mail, espace client)
C’est un pilier “anti-friendly fraud”: un client qui conteste “je ne savais pas” est plus facile à contredire si votre chaîne documentaire est nette.
4) Prix, taxes, frais, devise et erreurs manifestes
À verrouiller:
- prix total TTC et détail des taxes (quand c’est pertinent)
- devise de facturation
- frais de service (et quand ils sont dus)
- traitement des erreurs manifestes (ex. erreur de tarif fournisseur)
Si vous vendez des prestations exposées au change ou à une hausse (transport, taxes), prévoyez une clause encadrant la révision du prix quand le droit l’autorise (avec conditions, délais et justificatifs). Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez vous inspirer de la logique expliquée dans ce guide Elia Pay sur les clauses d’indexation liées au taux de change.
5) Modalités de paiement (acompte, solde, moyens acceptés, preuves)
Même si vous avez déjà cadré les clauses paiement dans vos devis, vos CGV doivent poser les règles générales:
- acompte requis, date d’exigibilité du solde
- moyens de paiement acceptés (CB, virement, lien de paiement, etc.)
- gestion des paiements multi-payeurs (groupes, entreprise + salarié)
- conséquences d’un retard de paiement (suspension, annulation, frais)
Surtout, écrivez noir sur blanc ce qui constitue une preuve d’accord et de paiement (e-signature, “clic d’acceptation”, 3-D Secure, reçu de virement, confirmation e-mail). Sur ce point, l’e-signature est souvent un game changer, voir ce guide Elia Pay sur la signature électronique des CGV pour réduire litiges et chargebacks.
6) Droit de rétractation (et ses exceptions)
Beaucoup d’agences oublient cette partie, ou l’écrivent mal. En B2C, le droit de la consommation prévoit des exceptions au droit de rétractation pour certaines prestations datées (transport, hébergement, loisirs à date). L’enjeu n’est pas de “supprimer” un droit, mais d’informer correctement le client selon la nature de ce que vous vendez.
À faire: une clause courte, claire, adaptée à vos offres (forfaits, hôtels, billets, activités), et cohérente avec vos parcours web.
7) Conditions de modification, annulation, cession du contrat
C’est le cœur des litiges.
Vos CGV doivent préciser:
- comment demander une modification (canal, délai, frais)
- barèmes d’annulation (ou renvoi vers le barème du fournisseur quand c’est contractuellement le cas)
- cession du contrat (quand applicable), et conditions
Ne cherchez pas à être “punitif”. Cherchez à être prévisible: un client accepte mieux un barème clair qu’une règle floue “au cas par cas”.
8) Responsabilités, limites, et cas des prestataires (hôtels, compagnies, DMC)
Objectif: cadrer votre responsabilité sans raconter n’importe quoi.
À intégrer:
- qui exécute les prestations (prestataires tiers)
- votre rôle d’intermédiaire (si c’est le cas)
- les limites de responsabilité permises, sans clauses abusives
- les obligations du voyageur (documents, ponctualité, comportement)
Pour renforcer la cohérence, vérifiez l’alignement avec votre assurance RC Pro (périmètre, exclusions). Une clause “Assurances” simple peut aussi rappeler ce qui est couvert, et ce qui ne l’est pas.
9) Force majeure, événements exceptionnels, et gestion des crises
Depuis 2020, ce n’est plus optionnel.
Votre clause doit préciser:
- ce que vous qualifiez d’événements exceptionnels et inévitables
- comment vous informez le client
- comment s’organisent les solutions (report, avoir, remboursement selon cadre applicable)
- les délais indicatifs (sans promettre l’impossible)
Conseil création: reliez cette clause à un minimum de process interne (qui décide, qui informe, qui déclenche les remboursements).
10) Réclamations, médiation, délais et preuves
Une bonne clause “Réclamations” réduit la tension et canalise les demandes.
À inclure:
- le canal officiel de réclamation
- les informations à fournir (référence dossier, voyageurs, pièces)
- des délais de traitement raisonnables
- médiation (si applicable) et juridiction compétente
C’est aussi une clause “anti-chargeback”: si votre CGV propose un parcours de résolution, vous pouvez démontrer que le client a contourné le SAV.
11) Données personnelles, consentements, et données de paiement
Ne recopiez pas un paragraphe générique.
Dans le voyage, vous manipulez souvent des données sensibles (passeport, santé, habitudes). Vos CGV doivent au minimum:
- renvoyer vers votre politique de confidentialité
- cadrer les finalités (réservation, SAV, conformité)
- expliquer les sous-traitants (GDS, assureurs, hôteliers)
Sur le paiement, limitez le périmètre: évitez de stocker des données carte. Une approche “paiement sécurisé” via un prestataire conforme réduit votre exposition (PCI DSS, fraude, RGPD).
12) Preuves, signature, et archivage (la clause qui vous fait gagner)
C’est la clause la plus rentable, et pourtant souvent absente.
Écrivez ce que vous conservez et ce qui fait foi:
- devis accepté, CGV acceptées (horodatage)
- preuve de paiement (3DS, reçu, trace virement)
- échanges e-mail importants (modifications demandées)
- documents remis (voucher, e-ticket)
Pour visualiser l’impact, voici une grille simple:
| Clause CGV | Risque principal couvert | Preuve associée à archiver |
|---|---|---|
| Paiement (acompte/solde, moyens, retards) | Impayé, contestation de montant | échéancier, reçu, 3DS, référence virement |
| Annulation/modification | Litige “je veux être remboursé” | barème accepté, échanges, confirmation |
| Réclamations/médiation | Escalade directe en chargeback | procédure, tickets, délais, réponses |
| Responsabilité/ rôle | Attentes irréalistes sur l’agence | périmètre, prestataires, documents remis |
| Données et sécurité | Incident RGPD, accusation de négligence | politique, consentements, logs d’accès |
Les erreurs fréquentes (et coûteuses) dans les CGV d’une agence
Sans faire une liste interminable, voici les pièges que l’on voit le plus souvent lors d’un accompagnement création agence de voyage:
- CGV copiées sur un concurrent, incohérentes avec votre modèle réel
- barèmes d’annulation absents ou contradictoires entre devis, e-mails et CGV
- “frais de service” non définis, donc contestés
- pas de clause sur la preuve (acceptation, signature, archivage)
- conditions de remboursement impossibles à tenir, qui créent de la défiance
Check de cohérence: CGV, tunnel de paiement, et back-office
Une CGV solide n’est pas qu’un texte, c’est un système.
Posez-vous trois questions:
- Au moment du paiement, est-ce que le client voit et accepte les CGV (preuve horodatée)?
- Au moment de l’exécution, est-ce que vous savez relier chaque paiement à un dossier (référence unique, rapprochement)?
- En cas de litige, est-ce que vous pouvez sortir un “pack preuves” en 10 minutes?
Côté inspiration, regarder comment certaines plateformes structurent leurs pages légales peut aider à penser l’architecture (conditions, confidentialité, cookies). Par exemple, la page d’entrée d’InnRox Travel donne accès rapidement aux conditions de service et politiques, un bon rappel qu’il vaut mieux centraliser des documents à jour, plutôt que de les disperser.

Comment Elia Pay peut aider, sans “juridiciser” votre croissance
Elia Pay ne remplace pas un avocat, mais une plateforme de paiement dédiée au tourisme aide à rendre vos CGV “exécutables” au quotidien: vous centralisez l’encaissement, vous sécurisez les transactions, vous améliorez la traçabilité dossier par dossier, et vous facilitez le rapprochement bancaire.
Concrètement, quand vous structurez votre agence, une solution comme Elia Pay peut soutenir:
- la gestion unifiée des paiements (multi-moyens)
- la réduction du risque (prévention fraude)
- le rapprochement bancaire plus simple (pour relier preuve, paiement et dossier)
- le pilotage du cash (avec IBAN français et cartes virtuelles selon vos usages)
Foire aux questions (FAQ)
Est-ce obligatoire d’avoir des CGV pour une agence de voyage? Oui dans la pratique, dès que vous vendez à des clients (surtout en B2C) vous devez encadrer la vente et informer clairement. Les CGV sont aussi un outil de preuve en cas de litige.
CGV et devis, est-ce que je peux tout mettre dans le devis et ne pas faire de CGV? Vous pouvez contractualiser via un devis très complet, mais vous perdez l’avantage d’un cadre standard et vous multipliez les risques d’incohérence. Le duo “CGV + devis” reste le plus robuste.
Quelles clauses réduisent le plus les chargebacks (rétrofacturations)? La combinaison: preuve d’acceptation (CGV + devis), clause de réclamation (parcours SAV clair), conditions d’annulation explicites, et clause “preuves et archivage”.
Puis-je copier les CGV d’un concurrent? C’est risqué: incohérences avec votre modèle, clauses potentiellement abusives, et risque de reproduction d’erreurs (voire de contenus protégés). Mieux vaut partir d’un socle et l’adapter.
Faut-il des CGV différentes pour le B2B (agence corporate) et le B2C? Souvent oui, ou au minimum des annexes: PO, facturation, conditions de paiement, responsabilités, pénalités, et processus de réclamation adaptés aux entreprises.
Prochaine étape: sécuriser vos CGV avec un parcours de paiement traçable
Si vous êtes en phase de création d’agence de voyage (ou de remise à plat de vos documents), partez d’un objectif simple: pouvoir relier, pour chaque dossier, un accord + un paiement + une preuve d’exécution.
Elia Pay aide les petites agences à centraliser les encaissements, sécuriser les transactions et simplifier le rapprochement bancaire. Pour voir si c’est adapté à votre organisation, découvrez la plateforme sur Elia Pay et demandez un échange de cadrage.
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